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Immunité et allergies

« Les scientifiques ont fait une percée qui pourrait réduire le risque que les enfants souffrent de réactions allergiques graves aux arachides et autres aliments », a rapporté BBC News. Il a déclaré que les chercheurs ont identifié un nouveau produit chimique qui joue un rôle clé dans le développement de l’anaphylaxie, une réaction allergique grave, potentiellement mortelle.

Ces expériences chez la souris ont démontré le rôle clé de l’IL-33, un produit chimique nouvellement découvert (appelé cytokine) impliqué dans les réponses immunitaires, provoquant une réaction anaphylactique. Ces résultats importants suggèrent que cette cytokine pourrait être une cible potentielle pour le traitement futur de l’anaphylaxie. Il est important de noter, cependant, que ce sont des expériences sur les animaux, ce qui signifie qu’une application humaine peut être quelque temps loin.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par le Dr Peter Pushparaj et ses collègues de l’Université de Glasgow, de l’Université nationale de Singapour et du Laboratoire de biologie moléculaire du Conseil de recherches médicales de Cambridge. La recherche a été financée par des subventions du Wellcome Trust et du Medical Research Council. Il a été publié dans le journal médical à comité de lecture: PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Cette étude a étudié le rôle d’une cytokine, appelée cytokine interleukine-33 (IL-33), dans les réactions allergiques. Les cytokines sont des substances chimiques qui jouent un rôle dans le fonctionnement du système immunitaire. Les chercheurs ont examiné les niveaux d’IL-33 dans le sérum et les tissus de patients ayant des réponses anaphylactiques et allergiques. Les résultats de ces observations chez l’homme les ont amenés à tester leurs théories dans des expériences sur des souris.

Très simplement, des parties du système immunitaire sont activées par la présence d’un antigène (une substance qui provoque une réponse immunitaire), ce qui stimule la production d’un anticorps contre cet antigène. Un anticorps important qui est élevé dans le sang des personnes allergiques est l’anticorps IgE. Cet anticorps est spécifique à tout type d’antigène induit sa libération et il agit pour se souvenir de l’exposition de sorte que les expositions futures entraînent une forte réponse allergique à ce défi.

Dans leurs expériences sur les animaux, les chercheurs ont sensibilisé certaines souris avec des anticorps IgE, dans le but d’induire une réponse à un antigène particulier appelé dinitrophényl-sérum albumine humaine (DNP-HSA). Un jour plus tard, les souris ont été exposées par voie intraveineuse à plusieurs antigènes différents, y compris DNP-HSA, IL-33 (la nouvelle cytokine) ou IL-33 plus DNP-HSA. Le niveau de perméabilité vasculaire a ensuite été comparé entre les souris dans les différents groupes d’exposition. La perméabilité vasculaire est une mesure du niveau de petites molécules (par exemple des nutriments, de l’eau et des cellules sanguines) qui peuvent traverser de petits vaisseaux sanguins. Lors d’une réponse allergique, les vaisseaux deviennent plus perméables. D’autres expériences ont été entreprises pour déterminer quelles cellules immunitaires étaient impliquées dans la réponse immunitaire.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Les chercheurs ont observé que les personnes ayant développé un choc anaphylactique au bloc opératoire présentaient des niveaux plus élevés de plusieurs produits chimiques associés à l’allergie, y compris les IgE et l’IL-33, comparativement aux personnes en bonne santé et aux personnes allergiques mais non anaphylactiques. Des niveaux plus élevés d’IL-33 étaient également évidents dans les lésions cutanées des personnes atteintes de dermatite atopique (un type d’eczéma) par rapport aux échantillons de peau non enflammée.

Les souris sensibilisées qui ont été exposées au DNP-HSA (un allergène) présentaient des niveaux de perméabilité vasculaire augmentés, alors que celles qui n’étaient pas sensibilisées ne présentaient aucune réponse à l’un des trois allergènes. Cependant, les souris sensibilisées exposées à l’IL-33 ont montré une augmentation similaire de la perméabilité vasculaire et cet effet était plus extrême lorsque les souris sensibilisées étaient exposées à la fois à l’IL-33 et à la DNP-HSA. L’IL-33 a déclenché un choc anaphylactique chez ces souris, entraînant une chute rapide de la température corporelle, une augmentation des taux d’histamine et une inflammation des poumons.

Il est important de noter que d’autres expériences détaillées ont révélé que l’IL-33 pourrait être responsable de «faire pencher la balance» des mastocytes (qui jouent un rôle clé dans l’inflammation) des réponses allergiques «utiles» aux réactions «nocives» et pourrait donc représenter une cible potentielle. traitement du choc anaphylactique.

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Des observations chez l’homme suggèrent que l’IL-33 est produite chez des patients allergiques au cours d’une réponse allergique-inflammatoire. En outre, l’IL-33 peut déclencher des réactions anaphylactiques chez les souris sensibilisées aux IgE, démontrant ainsi le rôle clé que joue cette cytokine dans les allergies. IL-33 peut être une cible potentielle pour le traitement du choc allergique.

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

Ces expériences animales approfondissent la compréhension du fonctionnement des systèmes immunitaires complexes dans le corps. Leur pertinence directe à la réaction allergique chez l’homme n’est pas claire, car les études sont chez la souris. Cependant, les observations chez les humains souffrant d’allergies ou chez les humains qui ont subi un choc anaphylactique soutiennent la théorie selon laquelle IL-33 joue un rôle clé dans les réponses allergiques sévères.

Les chercheurs disent qu’il n’est pas possible à partir de leurs données humaines d’observation pour savoir si IL-33 a été produite en réponse à la réaction allergique ou si elle l’a causé. Ils notent également qu’ils ont seulement examiné les données des patients allergiques qui ont développé un choc anaphylactique pendant la chirurgie, et même s’ils disent que l’IL-33 peut être élevée dans d’autres conditions inflammatoires telles que le choc anaphylactique induit par l’arachide ou le médicament.

Dans l’ensemble, les résultats de cette étude intéresseront particulièrement les scientifiques qui tentent de comprendre le fonctionnement du système immunitaire. Cela pourrait un jour déboucher sur de nouvelles façons de traiter les allergies, mais elles sont encore à venir.