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Réduire les dommages dus à la radiothérapie

Comme la plupart des traitements, la radiothérapie a le pouvoir de guérir mais aussi de nuire.1 Dans le monde, environ 10 millions de personnes sont diagnostiquées chaque année avec un cancer et 40-50% recevront une radiothérapie.2 Au Royaume-Uni, environ 200 accélérateurs linéaires délivrent 100   000 cours de radiothérapie dans 1,5 million de fractions par an; Il en résulte environ 4,25 millions de doses de radiation pour le traitement du cancer chaque année (données de l’Agence de protection de la santé (www.hpa.org.uk/) et de l’équipe d’analyse des services de lutte contre le cancer (www.canceruk.net/).

En raison de la nature dangereuse des rayonnements, un vaste cadre de protocoles, de normes et de lois est en place pour protéger les patients et les travailleurs de la santé.3

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6 L’Alliance mondiale pour la sécurité des patients de l’Organisation mondiale de la santé a relevé cette année le défi de rendre la radiothérapie plus sûre (www.who.int/patientsafety/en). Il traitera de deux questions clés. Premièrement, des interventions normalisées en matière de sécurité peuvent-elles être mises au point pour réduire de façon fiable et constante le risque que la radiothérapie influe sur les patients? Deuxièmement, les leçons des erreurs précédentes peuvent-elles être rapidement traduites en des soins de santé plus sûrs pour les patients partout dans le monde?

Malgré les efforts déployés à l’échelle mondiale pour réduire au minimum les effets nocifs de la radiothérapie, on signale des cas où des patients ont été blessés dans des circonstances apparemment similaires7.

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Cela est corrosif pour la confiance du public dans les services et sape la crédibilité des professionnels qui dispensent des soins de santé.

En 2004, à l’hôpital Cookridge, dans le West Yorkshire, une femme a reçu 15 traitements de radiothérapie pour le cancer du sein. Une erreur cruciale a été commise avant la délivrance du premier traitement, et cette erreur a été répétée pour 14 traitements. Le patient a donc reçu une dose de rayonnement plus élevée que prévu, avec un surdosage cumulatif de 2,5 fois la quantité prescrite. Les paramètres informatisés ont été mélangés, de sorte qu’un facteur de traitement essentiel a été omis. La patiente a survécu mais son espérance de vie a peut-être été réduite.7

En 2006, au Beatson Oncology Centre de Glasgow, un adolescent a reçu 19 traitements de radiothérapie pour une tumeur au cerveau. A la fin de ces traitements, on s’est rendu compte que chaque dose avait été trop élevée, en surdosant au total le patient de 58%. Au cours du premier traitement, on ne s’est pas rendu compte qu’un calcul manuel devait être effectué après que l’ordinateur ait fourni le plan de traitement8. Cela s’est produit à un moment où la nouvelle technologie était introduite.

En 1991, au North Staffordshire Royal Infirmary, on a découvert que 1000 patients atteints de cancer avaient reçu des doses incorrectes de radiothérapie pendant près de 10 ans. Lorsque de nouveaux ordinateurs ont été introduits en 1982 pour certains traitements contre le cancer, la nature globale du système n’avait pas été entièrement réalisée. Par conséquent, un ajustement manuel a été effectué de manière erronée et répétitive sur les données, en changeant la dose de rayonnement délivrée.9 L’erreur n’est apparue que lorsque la technologie a été mise à jour une décennie plus tard.

En plus de ces incidents bien documentés, l’Autorité du contentieux du Service national de santé (www.nhsla.com/) a signalé environ 150 réclamations de négligence pour des dommages causés par les rayonnements sur une trentaine d’années.

Alors, comment pouvons-nous apprendre de ces cas et quels sont les défis à venir? Le premier défi majeur consiste à mettre en œuvre une nouvelle technologie de manière efficace. La technologie qui permet aux ordinateurs d’être utilisés pour des traitements contre le cancer est la bienvenue car elle évite le besoin de calculs manuels complexes. Cependant, les nouvelles technologies peuvent être mal mises en œuvre parce que le personnel est mal formé. Cela peut introduire un nouvel ensemble de risques pour les patients.

Le deuxième défi est de prévenir les dommages aux patients. Les concepts actuels de la sécurité des patients reconnaissent que l’erreur humaine est inévitable; Cependant, le préjudice causé aux patients ne l’est pas. Les organisations doivent disposer de mécanismes robustes pour détecter les erreurs rapidement afin de s’assurer que les patients ne sont pas lésés. Les procédures d’exploitation normalisées sont un élément clé de la plupart des industries à risque élevé, comme l’aviation, mais elles ne sont guère présentes dans les soins de santé. Dans les incidents cliniques décrits, ces barrières de défense étaient inefficaces ou inexistantes. Non seulement les erreurs se sont-elles détériorées, mais la même erreur s’est produite à plusieurs reprises, affectant d’autres patients.

Le troisième est de placer la sécurité au cœur de la prestation des soins de santé. Une culture organisationnelle qui favorise la sécurité a des caractéristiques distinctes et cohérentes. Ceux-ci comprennent un leadership organisationnel efficace, des systèmes et des processus de soins bien conçus et un personnel de santé compétent. Ces caractéristiques sont essentielles pour assurer la sécurité des patients.

Reconnaître le problème est un point de départ, mais trouver la solution est un défi. Il existe de nombreux exemples d’organisations et de meilleures pratiques à travers le monde, dont nous pouvons apprendre10. Le Royaume-Uni doit jouer un rôle important dans ce travail. Cela impliquera d’analyser les informations provenant de tous les incidents majeurs de radiothérapie à travers le monde, d’identifier les causes communes, de concevoir des procédures opératoires standard que le personnel peut utiliser, et de mesurer les progrès en réduisant les dommages aux patients.

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